
De retour du Perito Moreno, nous prenons nos billets de bus pour filer vers le parc des Glaciers et y decouvrir notre deuxieme perle patagone : le Fitz Roy, a El Chalten. Des crocs bien aiguises... Depart matinal le lendemain matin. Nous sommes seuls dans la rue qui nous mene au terminal de bus, sacs sur le dos. Un aboiement. Plusieurs aboiements et les chiens reprennent leur place et leur pouvoir dans les rues. C'est une calamite ! Une chose commune en Amerique latine. Les chiens errants sont pletore, ils sont quasi aussi nombreux que les habitants dans certains villages. Le matin est semble-t-il un moment important ou ils doivent reprendre leur place dans le groupe. Nous sommes en plein milieu... La rue est deserte et se profile au bout une horde de chiens, courant vers nous, tous de races differentes. Ils se rejoignent. On pourrait se coire dans Boule et Bill s'ils n'aboyaient pas autant. Tout a coup, la peur au ventre. Nous pourrions toujours nous debrouiller avec un ou deux...et encore, mais avec 15 ! Avec les sacs sur le dos, que pourrions-nous faire ?!! Ils n'ont generalement rien contre nous mais que se passerait-il si nous nous trouvions au milieu d'une de leur bagarre habituelle. Nous accelerons le pas. Le terminal se trouve evidemment tout en haut de marches infinissables... Nous y parvenons enfin, et on y retrouve... un groupe deja forme de chiens. Une quinzaine a nouveau. Assis comme une meute de loup. On devine le chef de bande. On file dans le bus... C'est une chose incomprehensible que de les laisser ainsi dans la rue. Il semble que ce soit les habitants eux-memes qui, ne pouvant pas les assumer, les laissent dans les rues. Nous voyons ainsi souvent les habitants en avoir peur, venir se refugier dans les magasins. Et quand on pose la question, ils sont surpris de notre surprise ! A force de les voir prendre le pouvoir, on imaginerait presque "la planete des chiens" au lieu de "la planete des singes"... El Chalten ou le Far West argentin Nous avons pris tous les renseignements sur les conditions climatiques a l'office du Parc des Glaciers avant de partir, bien desireux de camper. Mais notre arrivee a El Chalten nous fait vite changer d'avis : il fait frisquet, le vent est violent et la terre monte dans les rues comme dans une ville du Far West. Nous nous installons donc a l'auberge, etrange ambiance. La ville est deserte. La solitude patagone retrouvee. Mais le temps est couvert et nous n'apercevons pas le Fitz Roy. Qui sait si nous aurons la meme chance que nous avons eu jusqu'a present. Le reveil du lendemain matin nous laisse perplexes : il neige en bourasque, tout est couvert. Mais nous sommes tout de meme venus pour marcher alors on se prepare tranquillement pour aller essayer d'en apercevoir un petit bout, juste au cas ou. Et le temps de sortir... le ciel est totalement eclairci, la neige est deja une vieille histoire et nous apecevons dans un degagement de nuages la pointe du Fitz Roy devant nous. Un bonheur ! Magnifique. Des pointes de roche rudes et gigantesques. Le vent qui a l'air d'y souffler nous fait imaginer le froid et la durete du climat sur son pic. Nous prenons donc la route de la randonnee, deja bien heureux de ce que nous venons de voir. Et nous cheminons a travers les vallees d'arbres morts et de rivieres, ravis de nous retrouver en montagne. Le manque de repos de ces derniers jours nous fait prendre notre temps. Nous n'avons pas de but precis, juste de nous ballader a ses pieds. La randonnee est magnifique, le parc splendide, et le soleil nous comble. Nous avancons donc. Jusqu'a nous retrouver au camp de base de l'ascencion... Mais nous sommes curieux et il y a a present devant nous une butte qui nous empeche de voir le sommet, ou se trouve la Laguna de los Tres. Il est indique qu'il reste encore 400m de denivele... Nous doutons. Ca a l'air trop proche. Nous commencons donc l'ascencion. Bien raide. De la moraine, des roches, cailloux ... Le chemin est indique etre ferme mais nous apercevons du monde au loin. Difficile de rebrousser chemin, ca doit etre tout pres... Mais de tout pres en tout pres, nous grimpons et grimpons. Le chemin est difficile, des pierres mal arimees, puis nous nous retrouvons dans la neige ou le chemin devient cahotique, au risque de mettre le pied entre deux pierres. On progresse donc avec attention et croisons ceux qui redescendent deja, car il se fait tard. Mais pas possible de redescendre maintenant ! Nous continuons et parvenons a la Laguna de los Tres, totalement enneigee ! Un monde immacule de blanc. Nous avons change d'univers et progressons, grace a nos battons de marche, dans de la neige fraiche du jour. Magnifique. Le temps est splendide et une fois encore Dame nature nous gate ! Nous comtemplons alors pendant quelques instants ce paradis de tranquilite, a present totalement seuls. Mais nous reprenons vite le chemin du retour, conscients du danger de la fonte de la neige. Une journee magnifique, alors que nous etions juste partis nous promener ! Et nous avons une chance inouie car nous croiserons d'autres voyageurs qui auront attendus plusieurs jours sans jamais voir le Fitz Roy... Nous quittons El Chalten le lendemain matin pour retourner a El Calafate et y reprendre un bus, direction le Torres del Paine. Le reveil est tres matinal, il fait encore nuit et nous rejoignons le bus dans ces rues dessertes et venteuses. Ambiance assuree. Puis le soleil se leve et comme un clin d'oeil, le Fitz Roy rougit devant nous dans un rayon de soleil. De toute beaute. Des teintes cramoisies au lever du soleil. Un instant privilegie. |